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Article écrit le 29 Mai 2013
De Ciudad Cuauhtemoc à tapachula


Nous passons la frontière rapidement. Le Mexique est le 18ème pays que nous traversons et le premier où nous devons payer une caution de 400 dollars pour le véhicule. Cette caution est normalement remboursée lorsque nous quittons le pays. Avant d’arriver à San Cristóbal, nous nous arrêtons dans le petit village de Teopisca, avec sa jolie place, ses bancs décorés de faïences et son église coloniale.

Pasamos la frontera rápidamente. México es el 18avo país que atravesamos y el primero donde debemos pagar una fianza de 400 dólares para el vehículo. Esta fianza normalmente la reembolsan cuando dejamos el país. Antes de llegar a San Cristóbal, nos paramos en el pequeño pueblo de Teopisca, con su hermosa plaza, sus bancos decorados con azulejos y su iglesia colonial.

San Cristóbal de Las Casas, État du Chiapas : J’y suis venu en 1998, c’était bien différent. A cette époque, l’insurrection indigène au Chiapas était encore forte. Petit rappel de l’histoire : Le 1er janvier 1994, le Chiapas fait une entrée remarquée dans l'actualité internationale. Quelques milliers de guérilleros sortis de la forêt Lacandona investissent la ville de San Cristóbal de Las Casas. Cette insurrection se réclamant du "zapatisme" attire soudainement l'attention de la communauté internationale sur cette région touristique. La contestation néo-zapatiste a immédiatement un impact médiatique considérable, notamment grâce à l'action habile du "sous-commandant Marcos". Dans ses discours, l'emblématique chef de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale" (EZLN) met en avant des revendications indigénistes. La crise au Chiapas, mise en évidence par le soulèvement néo-zapatiste, tient largement à une profonde crise économique et sociale. En effet, au Chiapas, 30 % de la population sont analphabètes et plus de 80 % n'ont pas accès au système de santé ; 19 % des actifs sont sans ressources et 40 % disposent d'un revenu inférieur au salaire minimum ; 29 % des enfants échappent à la scolarisation obligatoire, 35 % des agglomérations ne possèdent pas l'électricité, trois logements sur cinq n'ont pas l'eau courante. D'autres indices de pauvreté, tous biens supérieurs à la moyenne nationale, pourraient prolonger cette énumération.

San Cristóbal de Las Casas, Estado de Chiapas: vine aquí en 1998, era muy diferente. En aquella época, la insurrección indígena en Chiapas era todavía muy fuerte.  Un pequeño recuerdo de la historia: el 1 de enero de 1994, Chiapas hace una entrada observada en la actualidad internacional. Algunos millares de guerrilleros salidos de la selva Lacandona entran en la ciudad de San Cristóbal de Las Casas. Esta insurrección que refiere al "zapatismo" repentinamente llama la atención de la comunidad internacional de esta región turística. La contestación neo zapatista tiene inmediatamente un impacto popular considerable, particularmente gracias a la acción hábil del "subcomandante Marcos". En sus discursos, el emblemático jefe del Ejército Zapatista de Liberación Nacional " (EZLN) pone por delante las reivindicaciones indigenistas. La crisis en Chiapas, puesta en evidencia por el levantamiento neo zapatista, ampliamente valora una crisis profunda económica y social. En efecto, en Chiapas, el 30 % de la población son analfabetos y más de 80 % no tienen acceso al sistema de salud; el 19 % de los activos están sin recursos y el 40 % disponen de una renta inferior al salario mínimo; el 29 % de los niños escapan de la escolarización obligatoria, el 35 % de los pueblos no tienen electricidad, tres viviendas de cada cinco no poseen agua corriente. Otros indicios de pobreza, todos bien superiores a la media nacional, podrían prolongar esta enumeración.

Maintenant, même si la rébellion et les revendications de l’EZLN continuent, San Cristóbal est une ville très touristique, la plupart des maisons et édifices coloniaux ont été rénovés. Il y a une rue piétonne, qui n’existait pas, où se trouvent les bars, restaurants et boutiques de souvenirs. Même chose pour le petit village de San Juan Chamula, réputé pour son église coloniale et son marché hebdomadaire, où viennent les indigènes de la région pour vendre leurs produits. Maintenant l’entrée de l’église est payante, il y a de nombreuses boutiques d’artisanat le long de la rue principale et autour de la place. Les enfants accourent lorsqu’ils voient des touristes pour leur demander de l’argent.

Ahora, aunque la rebelión y las reivindicaciones del EZLN continúan, San Cristóbal es una ciudad muy turística, la inmensa mayoría de las casas y edificios coloniales han sido renovados. Hay una calle peatonal, que no existía, donde se encuentran los bares, los restaurantes y las tiendas de recuerdos. Lo mismo pasa el pequeño pueblo de San Juan Chamula, famoso por su iglesia colonial y su mercado semanal, dónde vienen los indígenas de la región para vender sus productos. Ahora hay que pagar la entrada a la iglesia y hay numerosas tiendas de artesanía a lo largo de la calle principal y alrededor de plaza. Los niños acuden cuando ven a turistas para pedirles dinero.



Un peu déçus, nous y restons peu de temps et reprenons notre route en direction de Tuxtla Gutiérrez. En chemin, nous nous arrêtons visiter la ville de Chiapa de Corzo, puis longeons le cañon Del Sumidero. Nous dormons sur la place de l’église du village d’Osumacinta et le lendemain repartons vers la côte Pacifique et la plage de Puerto Arista. Comme Claudia ne se sent pas très bien nous restons deux jours dans un camping, le temps qu’elle se rétablisse. La plage n’est pas très attrayante, un peu sale et il y a beaucoup de vagues, difficile de s’y baigner. Il fait aussi très chaud, près de 40 degrés. A Tapachula aussi la température est élevée. Nous arrivons le lundi 8 avril dans l’après-midi et allons faire connaissance avec une partie de l’équipe de Médecins Du Monde, Carmen, la coordinatrice et Cristián, le chauffeur-logisticien. Ils nous ont réservé un hôtel près de la place principale où ils ont leurs bureaux. Hôtel avec air conditionné et un lit King-Size, extra large, le bonheur, cela nous change de la voiture.

Un poco decepcionados, nos quedamos allí poco tiempo y seguimos nuestro camino con destino a Tuxtla Gutiérrez. De camino, nos paramos para visitar la ciudad de Chiapa De Corzo, luego vamos a lo largo del cañón Del Sumidero. Dormimos en la plaza de la iglesia del pueblo de Osumacinta y el día siguiente nos vamos de nuevo hacia la costa Pacífica y la playa de Puerto Arista. Como Claudia no se siente muy bien nos quedamos dos días en un camping, el tiempo para que se restablezca. La playa no es muy atractiva, un poco sucia y hay muchas olas, difícil de bañarse allí. Hace mucho calor, cerca de 40 grados. En Tapachula también la temperatura es elevada. Llegamos el lunes, 8 de abril por la tarde y vamos a conocer una parte del equipo de Médicos del Mundo, Carmen, la coordinadora y Cristián, el chófer-logístico. Nos reservaron un hotel cerca de la plaza principal donde tienen sus oficinas. El hotel con aire acondicionado y la cama King-Size, la felicidad, esto nos cambia del carro.

Mardi 9 avril, Louise, la journaliste, arrive aujourd’hui, mais seulement à 23 heures, nous commencerons donc notre reportage demain, mercredi. En attendant, nous visitons la ville. Tapachula n’est pas une ville touristique mais a tout de même une jolie place principale ornée de grands palmiers, une cathédrale blanche au toit et aux coupoles rouges, une fontaine en son centre et un kiosque à musique. La proximité avec le Guatemala en fait une ville très commerçante, débordante d’activités. Malgré la chaleur, il y a toujours beaucoup de monde dans les rues.

Es martes, 9 de abril, Luisa, la periodista, llega hoy, pero solamente a las 11 pm, comenzaremos pues nuestro reportaje mañana, miércoles. Mientras tanto visitamos la ciudad. Tapachula no es un centro de turismo tiene sin embargo una hermosa plaza principal adornada con grandes palmeras, una catedral blanca  con cúpulas rojas, una fuente en su centro y un quiosco el cual funciona para eventos musicales. La proximidad con Guatemala convierte a Tapachula en una ciudad muy comerciante, desbordante de actividades. A pesar del calor, hay siempre mucha gente en las calles.





Article écrit le 07 Juin 2013
Mission Chiapas Médecins du Monde


Nous faisons connaissance avec Louise, qui est arrivée tard hier soir, et aussi avec le reste de l’équipe de Médecins du Monde, neuf personnes au total. Avant d’aller sur le terrain et commencer le reportage,  Carmen, la coordinatrice, nous  parle du contexte historique et du but de la mission :

Le Mexique accueille chaque année près de 40 000 migrants centraméricains (Guatemala, Honduras, Nicaragua et Salvador) qui transitent quelque temps ou s’installent dans le département du Chiapas, notamment dans les villes de Tapachula et de Huixtla. Nombre de femmes migrantes deviennent des travailleuses domestiques, mais la plupart du temps sans contrat de travail et faisant l’objet de discriminations, elles ne peuvent accéder aux soins. Il en va de même pour les travailleuses du sexe pour lesquelles aucune action de prévention et de réduction des risques n’est menée. Le système de santé mexicain peine à prendre en compte de façon adéquate ces populations. Médecins du Monde sensibilise les femmes aux questions de santé, notamment au travers de campagnes de sensibilisation sur les thèmes de la santé sexuelle et reproductive, des violences, des addictions et de l’estime de soi. L’association les accompagne pour leur permettre d’accéder aux centres de santé. Un réseau d’acteurs locaux mobilisés en faveur des droits des femmes est renforcé. Le projet s’appuie également sur la participation des autorités locales, du ministère de la Santé et de la Juridiction sanitaire locale, ainsi que sur la société civile à travers des ONG partenaires.

Conocemos a Luisa, que llegó tarde ayer por la noche, y también conocemos el resto del equipo de Médicos del Mundo de Tapachula, nueve personas al total. Antes de ir al terreno  y comenzar el reportaje, Carmen, la coordinadora,  nos habla del contexto histórico y la meta de la misión:

México acoge cada año cerca de 40 000 emigrantes centroamericanos (Guatemala, Honduras, Nicaragua y el Salvador) que están en tránsito un tiempo o se instalan en el departamento de Chiapas, particularmente en las ciudades de Tapachula y de Huixtla. Numerosas mujeres emigrantes trabajan como empleadas domésticas, pero la mayoría de las veces sin contrato de trabajo y son objetos de discriminaciones, no pueden acceder a la salud. Lo mismo ocurre con las trabajadoras sexuales para las cuales ninguna acción de prevención y de reducción de los riesgos es llevada. El sistema mexicano de salud apenas toma en consideración de modo adecuado a esta población. Médicos del Mundo sensibiliza a las mujeres  en cuestiones de salud, particularmente a través de campañas de sensibilización sobre los temas de la salud sexual y reproductiva, la violencia, las adicciones y de la autoestima en sí. La asociación las acompaña para permitirles acceder a los centros de salud. Una red de actores locales movilizados a favor de los derechos de las mujeres es reforzada. El proyecto también se apoya con la  participación de las autoridades locales, del ministerio de la Salud y de la Jurisdicción sanitaria local, así como sobre la sociedad civil a través de otras ONG socias.

Pour la plupart des migrants le passage au Mexique se fait en traversant le fleuve Suchiata, qui est la frontière naturelle entre le Mexique et le Guatemala. Chaque jour, pour quelques pesos et à l’aide d’énormes chambres à air de camions sur lesquelles sont posées des planches, des dizaines de migrants passent la frontière illégalement. Les marchandises aussi font partie de cet incessant  va-et-vient. Barils d’essence, papiers toilette, produits d’hygiène, bières et sodas franchissent le fleuve en toute illégalité. A quelques mètres de là, on aperçoit le pont qui enjambe le fleuve et à chaque extrémité, les douanes des deux pays. Ici tout le monde est au courant de ces trafics, mais ferme les yeux. Au contraire, et à notre grand étonnement, tout cela est toléré et même règlementé. Les embarcations appartiennent à un petit nombre de propriétaires qui emploient des passeurs aux horaires bien définis, de 4 heures à 19 heures et on ne passe pas de nuit. « Cela fait 40 ans que les migrants traversent le fleuve, nous raconte Juan Carlos, le passeur qui a bien voulu nous embarquer, moyennant paiement, bien entendu. Avant que quelqu’un du village invente ces embarcations de chambres à air, ils passaient à la nage ou à l’aide de sacs gonflables, poursuit Juan Carlos, c’était dangereux lorsque le niveau du fleuve était haut ». Une fois de l’autre côté, ces migrants travaillent aux récoltes de café, bananes ou maïs. Beaucoup de femmes sont employées domestiques et certaines deviennent serveuses, stripteaseuses ou encore prostituées. Dans les « cantinas », les bars traditionnels et populaires au Mexique, les serveuses accompagnent les clients qui leur offrent à boire pour leur tenir compagnie. Au rythme d’environ trente bières par jour, Keila, une jeune Hondurienne de 23 ans, nous explique qu’elle gagne sa vie en recevant la moitié du prix de la bière que paye le client.

Para la mayoría de los migrantes el paso a México se hace atravesando el río Suchiata, que es la frontera natural entre México y Guatemala. Cada día, por algunos pesos y con la ayuda de enormes neumáticos de camiones  llenos de aire, sobre las cuales son puestas tablas, decenas de migrantes pasan la frontera ilegalmente. Las mercancías también forman parte de este incesante vaivén. Barriles de gasolina, papel higiénico, productos de higiene, cervezas y gaseosas  atraviesan el río en toda ilegalidad. A algunos metros de ahí, percibimos el puente sobre el río y en cada extremidad, las aduanas de ambos países. Aquí todo el mundo está al tanto de este tráfico, pero cierran los ojos. Al contrario, y a nuestro gran asombro, todo esto es tolerado y hasta reglamentado. Las embarcaciones pertenecen a un pequeño número de propietarios que emplean a barqueros en horarios bien definidos, de las 4 a.m. a las 7p.m; no se pasa por las noches. “Hace ya 40 años que los migrantes atraviesan el río, nos cuenta Juan Carlos, el barquero que quiso embarcarnos, mediante un pago, por supuesto. Antes de que alguien del pueblo invente estas embarcaciones de neumáticos, pasaban nadando o con la ayuda de bolsas inflables, continua  Juan Carlos, era peligroso cuando el nivel del río era alto”. Una vez del otro lado, estos migrantes trabajan en las cosechas de café, plátanos o maíz. Muchas mujeres son empleadas domésticas y algunas se vuelven camareras, trabajan en strip-tease o como prostitutas. En las “cantinas", los bares tradicionales y populares en México, las camareras acompañan a los clientes quien les ofrecen cervezas para tenerles compañía. Al ritmo de cerca de treinta cervezas al día, Keila, una joven hondureña de 23 años, nos explica que se gana el salario recibiendo la mitad del precio de la cerveza que paga el cliente.

 Les zones de tolérance sont les autres lieux où intervient l’équipe de Médecins du Monde. Ces zones, très populaires, existent dans toutes les villes et là se trouvent les bars, discothèques et aussi les maisons closes. Appelée ici cuarteria (du mot cuarto : chambre), la maison close est plutôt la cour intérieure d’une maison où s’alignent tout autour des chambres minuscules. Dans l’une d’elles, où nous nous rendons, une vingtaine de filles attendent les clients. MDM leur parle des moyens de contraception, leur offre des préservatifs et les informe de leurs droits.

Las zonas de tolerancia son los otros lugares donde interviene el equipo de Médicos del Mundo. Estas zonas, son muy populares, existen en todas las ciudades y allí se encuentran los bares, las discotecas y también las casas de prostitutas. Llamada aquí cuarteria, la casa es un patio interior rodeado de cuartos minúsculos. En una de estas casas, dónde fuimos, una veintena de chicas espera a los clientes. MDM les habla de los medios de contracepción, les ofrece preservativos y les informa sobre sus derechos.

Les tables-dance, bars à striptease, accueillent eux, les filles les plus jeunes et les plus jolies. De même que dans les cantinas, elles gagnent leur vie en buvant des bières avec les clients, mais aussi en se déshabillant tout en dansant et si besoin est, dans les chambres attenantes à l’établissement.

Los tables-dance, bares de strip-tease, acogen a  las chicas más jóvenes y más hermosas. Lo mismo que en las cantinas, se ganan la vida bebiendo cervezas con los clientes, pero también desvistiéndose bailando y si es necesario, en los cuartos contiguos al establecimiento.

Dure réalité pour ces femmes qui ont tout laissé  et sont ici pour faire vivre leurs enfants et leur famille restés au pays. Le rêve américain est bien loin de cette réalité.

Dur aussi pour nous de voir et d’entendre les témoignages de ces femmes, même si nous savons que tout cela existe.                                                                                                                                                                    Merci à Médecins du Monde et à toute l’équipe de Tapachula, qui effectue un travail difficile, de nous avoir reçus et permis de voir cette réalité. Merci aussi à Louise de nous avoir accompagné et partagé sa bonne humeur avec nous.

Una dura realidad para estas mujeres que dejan todo y están aquí para poder sostener a sus niños y su familia quedados en el país de origen. El sueño americano está muy lejos de esta realidad. Duro también para nosotros de ver y de oír los testimonios de estas mujeres, aunque sabemos que todo esto exista. Gracias a Médicos del Mundo y gracias a todo el equipo de Tapachula, que efectúa un trabajo difícil, de habernos recibido y habernos permitido ver esta realidad. Gracias también a Louise de habernos acompañado y haber compartido su buen humor con nosotros.

 Ci-dessous quelques témoignages recueillis par Louise.

Maribel, 50 ans : « Je viens du Salvador. Je suis arrivée au Mexique en décembre 2010. Là-bas, je confectionnais des vêtements mais il n’y a plus de travail. Je vis ici depuis que je suis arrivée. Tous les mois, MDM nous explique comment se comporter, quels moyens de contraception utiliser, qu’on a des droits à la santé. Avec la psychologue, j’ai appris à me revaloriser parce qu’en vivant ici, l’estime de soi en prend un coup. Mes filles ne savent pas ce que je fais ici. Je leur dis que je suis vendeuse, elles me croient. Elles ont 26 et 17 ans. Je vais les voir tous les 2 mois. La première est institutrice, la deuxième veut faire le même métier mais doit encore attendre 2 ans. Je ne veux pas qu’elles fassent comme moi ».

Keila, 23 ans : « Je suis arrivée au Mexique en 2010 avec une cousine. Je viens du Honduras. J’ai 23 ans et j’ai trois enfants, un de 2 mois, un de 2 ans, un de 4 ans. Dans ce bar, lorsque les clients nous offrent une bière, on empoche la moitié du prix. Seulement pour les bières, pas pour les sodas. Je dois boire jusqu’à 30 bières par jour, au début je ne supportais pas. C’est difficile de s’habituer mais c’est la vie. Il faut bien que je fasse vivre ma famille. Au Honduras, j’étais vendeuse. Ma mère travaille ici avec moi. Pour elle, c’est moins difficile. MDM nous parle de grossesses, de planning familial. On parle aussi de drogue, des femmes battues. »

Maria, 26 ans : « Je viens du Salvador. Je suis partie parce que c’est très dangereux là-bas. J’ai 4 enfants de 7, 8, 10 et 12 ans. Ça fait 9 ans que je travaille au Mexique, un mois et demi dans ce bar. Le travail est difficile, les patrons aussi. La majorité des clients sont violents et boivent beaucoup.»

Juan Carlos : « Je suis guatémaltèque. Chaque jour, je fais traverser des gens ou des marchandises que j’achète moins cher au Mexique et j’apporte la marchandise au Guatemala. Je fais ça jusque 19h chaque jour. La nuit, c’est dangereux. Avant, il y avait de nombreux problèmes, aujourd’hui il n’y en a plus beaucoup la journée. La majorité des gens qui habitent du côté Guatemala de la rivière travaille au Mexique. Ils traversent car ils manquent de travail et ils sont mieux payés de l’autre côté. Je loue mon embarcation, c’est le même propriétaire pour toutes. Les deux municipalités savent ce qui se passe, c’est toléré la journée. On a même un règlement pour les horaires – de 4 à 19h – et les tours. Certains vont du Mexique au Guatemala, d’autres font l’inverse. Mon grand-père a été coyote avant moi. Ils avaient des sacs gonflables et les gens s’y accrochaient. Les migrants vont surtout au Mexique pour récolter mangues, bananes, café ou maïs, ce que ne veulent pas faire les mexicains. Cela fait 40 ans que les gens passent ici. »

Alicia, 17 ans : « Ca fait 2 semaines que je suis arrivée du Guatemala. Je voulais gagner de l’argent et découvrir une autre ville. Je suis passée illégalement par la rivière avec mes cousines. Je travaille comme employée domestique. Je fais du nettoyage, je garde les enfants, je fais la cuisine. Au début, c’était bien, mes patrons me parlaient, me prévenaient quand ils partaient. Maintenant, plus rien. Ils se sont mis à m’insulter. C’est la première fois que je viens un dimanche à un atelier organisé par MDM. C’est bien qu’on nous oriente, qu’on nous aide, nous apprenne beaucoup de choses. Toute ma famille est au Guatemala. J’y retourne dans 2 semaines. Ma sœur a 19 ans. Elle est enceinte et voulait avorter. Je lui ai dit que j’allais l’aider pour le bébé. »

Fabiola, 23 ans : « Je viens du Honduras. J’ai un fils de 6 ans qui est resté là-bas, ma mère s’en occupe. J’y retourne tous les 6 mois pendant 2 mois.  Je danse depuis 2 ans dans ce table-bar. Je suis venue avec une amie. Au début, c’était difficile. Maintenant, ça ne me dérange plus de me déshabiller en dansant. On a deux danses par soir. Je gagne le prix d’une bière quand les clients m’en paient une. »

Más abajo algunos testimonios recogidos por Louise.

Maribel, 50 años: " vengo del Salvador. Llegué a México en diciembre de 2010. Allá, confeccionaba ropas pero no hay más trabajo. Vivo aquí desde que llegué. Cada mes, MDM nos explica cómo comportarse, cuales medios de contracepción utilizar, y cuáles son los derechos que tenemos. Con la psicóloga, aprendí a revalorizarme porque viviendo aquí, perdemos la autoestima. Mis hijas no saben lo que hago aquí. Les digo que soy vendedora, me creen. Ellas tienen 26 y 17 años. Voy a verlas cada 2 meses. La primera es maestra de escuela, la segunda quiere hacer el mismo oficio pero todavía debe esperar 2 años. No quiero que hagan como yo”.

Keila, 23 años: " llegué a México en 2010 con una prima. Vengo de Honduras. Tengo 23 años y tengo tres niños, uno de 2 meses, uno de 2 años, uno de 4 años. En este bar, cuando los clientes nos ofrecen una cerveza, nos queda la mitad del precio. Solamente para las cervezas, no por las gaseosas. Debo beber hasta 30 cervezas al día, al principio no lo soportaba. Es difícil acostumbrarse pero es la vida. Tengo que mandar dinero a mi familia. En Honduras, era vendedora. Mi madre trabaja aquí conmigo. Para ella, es menos difícil. MDM nos habla de embarazos, de planificación familiar. Hablamos también de la droga, y de las mujeres maltratadas. "

María, 26 años: " vengo del Salvador. Me fui porque es muy peligroso allá. Tengo 4 niños de 7, 8, 10 y 12 años. Hace ya 9 años que trabajo en México, un mes y medio en este bar. El trabajo es difícil, los dueños también. La mayoría de los clientes son violentos y beben mucho. "

Juan Carlos: " soy guatemalteco. Cada día, atravieso  gente o mercancías que compro más barato en México y aporto la mercancía a Guatemala. Hago esto hasta las 7pm cada día. Por la noche, es peligroso. Antes, había numerosos problemas, hoy no hay muchos en el día. La mayoría de la gente que vive del lado de Guatemala trabaja en México. Atraviesan porque no hay trabajo allá y el pago es mejor al otro lado. Alquilo mi embarcación, todas son del mismo propietario. Ambas municipalidades saben lo que pasa, es tolerado en el día. Hasta tenemos un reglamento con los horarios, de las 4am a las 7pm. Algunos van de México a Guatemala, otros hacen lo inverso. Mi abuelo fue coyote antes de mí. Tenían bolsas inflables y la gente se agarraba a eso. Los emigrantes van sobre todo a México para cosechar mangos, plátanos, café o maíz, lo que no quieren hacer los mexicanos. Hace ya 40 años que la gente pasa aquí. "

Alicia,17 años: " hace ya 2 semanas que llegué de Guatemala. Quería ganar dinero y descubrir otra ciudad. He pasado ilegalmente por el río con mis primas. Trabajo como empleada doméstica. Hago la limpieza, vigilo a los niños, cocino. Al principio era bien, mis patrones me hablaban, me prevenían cuando se iban. Ahora, nada más. Empezaron a insultarme. Es la primera vez que vengo un domingo a un taller organizado por MDM. Es bueno que nos orienten, que nos ayuden, nos enseñan muchas cosas. Toda mi familia está en Guatemala. Regreso allí dentro de 2 semanas. Mi hermana tiene 19 años. Está embarazada y quiere abortar. Le dije que iba a volver para ayudarla con el bebé. "

Fabiola, 23 años: " vengo de Honduras. Tengo un hijo de 6 años que se quedó allá, mi madre se ocupa de él. Regreso allí cada 6 meses durante 2 meses. Bailo desde hace 2 años en este table-dance. Vine con una amiga. Al principio era difícil. Ahora, no me molesta más de desvestirme bailando. Tenemos dos bailes por noche. Gano el precio de una cerveza cuando los clientes me pagan una. "

 

 

 





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